Lorsque les Canadiens se sont réunis pour encourager les athlètes en quête de médailles d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, le monde entier a pu admirer l’excellence sur la glace et la neige. Ce que la plupart des gens n’ont pas vu, c’est l’immense travail de planification et l’expertise déployés en coulisses pour veiller à la sécurité des Jeux, un travail qui a exigé le dévouement, la capacité d’adaptation et un travail d’équipe sans faille de la part des membres de la GRC et de ses partenaires à travers le pays.   

Depuis les premières étapes de planification en 2003 jusqu’à la cérémonie de clôture en 2010, veiller à la sécurité des Jeux olympiques s’est avéré un engagement de plusieurs années. Il a fallu anticiper les risques, coordonner les efforts entre les différentes juridictions et se préparer à tous les scénarios possibles bien avant que la flamme olympique ne soit allumée.   

La planification préliminaire consistait à cartographier toutes les juridictions concernées par les Jeux, des rues de Vancouver et de la patinoire de vitesse de Richmond à Cypress Mountain, en passant par les sites et le village alpins de Whistler, ainsi que tous les endroits intermédiaires, y compris l’autoroute Sea-to-Sky. Parallèlement, la GRC se concentrait sur la mise en place de partenariats solides avec les forces de l’ordre, les services d’urgence et les organismes gouvernementaux à l’échelle nationale. 
 
La GRC était la principale agence responsable de la mise sur pied du Groupe intégré de la sécurité de Vancouver 2010 (GIS V2010). Cette collaboration sans précédent a réuni des policiers, des militaires, des intervenants d’urgence et des partenaires fédéraux, provinciaux et municipaux afin de créer un cadre de sécurité unifié qui protégeait à la fois les meilleurs athlètes d’hiver du monde et les millions de fans venus les encourager. 
 
Cette planification s’est traduite par une réalité opérationnelle complexe. Avec 10 sites principaux allant de grandes arènes à des pentes montagneuses isolées, et plus de 2 600 athlètes en compétition tout au long des Jeux, les opérations de sécurité étaient complexes, variées et en constante évolution. 

Le président-directeur général de la FPN, Brian Sauvé, a vécu cette réalité au premier plan. À l’époque, il était sergent au sein de la GRC et avait été déployé pendant les Jeux de 2010. 

« Même si la plupart des gens perçoivent les Jeux olympiques comme une célébration du sport et de la communauté, il y a toujours ceux qui voient un événement mondial comme celui-ci comme un environnement facile à cibler, a expliqué M. Sauvé. Les enjeux sont donc élevés. En tant que membres de la GRC, nous nous préparons au pire, espérons le meilleur et mesurons le succès dans les petites victoires qui assurent la sécurité des gens au quotidien. » 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 

  • Plus de 90 000 vols liés aux Jeux ont été enregistrés à Vancouver. 
  • La GRC a veillé à la protection d’environ 30 chefs d’État et dignitaires. 
  • Les membres de la GRC et du GIS V2010 ont procédé à la vérification des antécédents de plus de 204 000 candidats, s’assurant ainsi que tous les bénévoles et membres du personnel étaient aptes à participer aux Jeux. 
  • Vingt-trois navires ont patrouillé les eaux autour des sites olympiques 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. 
  • Plus de 700 représentants de la police de 39 pays ont visité Vancouver pendant les Jeux pour découvrir comment la GRC avait planifié et exécuté les opérations de sécurité. 

Pourtant, une grande partie du travail nécessaire au bon déroulement des Jeux reste invisible pour le public. Des chiens policiers et leurs maîtres patrouillaient discrètement les sites. Des militaires se tenaient prêts dans les forêts environnantes. Des équipes médicales d’urgence se tenaient en alerte. Des opérations de déminage étaient menées sans tambour ni trompette. C’était un dévouement discret et constant, qui permettait aux athlètes et aux fans de se concentrer sur le frisson de la compétition, tandis que les meilleurs éléments du Canada veillaient à leur sécurité. 

Sur le terrain, des membres de la GRC comme Brian ont été déployés sur les sites, y compris dans de petits villages de montagne et des sites éloignés, pendant une période pouvant aller jusqu’à 40 jours, alors que les Jeux eux-mêmes ne duraient que 12 jours. Des compétences spécialisées, notamment des aptitudes avancées en ski, une connaissance approfondie du terrain et une bonne connaissance des communautés locales, ont contribué à la sélection des membres pour ces rôles.

La mission de Brian pendant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010 était particulièrement unique. Grâce à son expérience de skieur de compétition, il a été affecté à la patrouille de ski en uniforme, alliant ainsi ses responsabilités opérationnelles à des expériences extraordinaires.   

Ses fonctions ne se limitaient pas aux patrouilles de routine et au maintien de l’ordre. Brian escortait les athlètes olympiques et leurs entraîneurs jusqu’aux pistes, les aidait à atteindre le sommet et skiait même à leurs côtés, ne serait-ce que pendant quelques secondes palpitantes, tout en portant son uniforme complet de la GRC. 
 
« C’était surréaliste », se souvient Brian. « À un moment donné, j’étais dans le télésiège avec une athlète comme Lindsay Vonn ou Erik Guay, les aidant à préparer leurs descentes en toute sécurité. L’instant d’après, je profitais du village en soirée, entouré de fans venus du monde entier, entendant toutes les langues imaginables. » 

Avec le recul, Brian souligne que la collaboration, la préparation et la capacité d’adaptation ont été essentielles à la réussite. Les leçons tirées en 2010 continuent de façonner le maintien de l’ordre lors des grands événements d’aujourd’hui, désormais amélioré par les drones, la surveillance des réseaux sociaux, les caméras corporelles et les outils de renseignement modernes. 

Loin des montagnes, les Jeux ont également été une expression électrisante de la fierté et de la solidarité canadiennes. 

« Nous avons remporté beaucoup de médailles, et parfois, on pouvait voir plusieurs Canadiens participer à des cérémonies de remise de médailles au cours d’une même journée », raconte Brian. « Des milliers de personnes se rassemblaient pour applaudir et célébrer. Il y avait un véritable sentiment de solidarité. Il ne s’agissait pas seulement de sport, mais aussi de faire partie de quelque chose de plus grand que soi. » 

Seize ans plus tard, l’enthousiasme de Brian pour son expérience en tant que policier lors des Jeux de 2010 résonne encore alors qu’il se prépare à encourager l’équipe canadienne aux Jeux de 2026 en Italie. « J’ai hâte de voir les athlètes repousser leurs limites, bien sûr, mais aussi de découvrir les histoires humaines, ces moments qui rassemblent tout le monde », dit-il. Pour Brian, les Jeux sont un rappel puissant que derrière chaque médaille se cache une histoire de préparation assidue et de travail d’équipe à toute épreuve.   

Le parallèle entre les membres de la GRC et les athlètes professionnels est incontestable. Tout comme les athlètes s’entraînent pour un moment décisif, les membres de la GRC se préparent sans relâche afin que, lorsque cela compte le plus, le monde puisse se réunir en toute sécurité. Alors que le Canada se prépare à accueillir un autre événement sportif de classe mondiale avec la Coupe du monde de la FIFA 2026, les leçons apprises en 2010 — et les compétences affinées depuis — seront à nouveau démontrées, tant devant les caméras qu’en coulisses.