Pour de nombreux Canadiens, le hockey est plus qu’un sport. C’est un esprit commun de dévouement, de sacrifice et de travail d’équipe. Pendant les Jeux olympiques d’hiver (qui se déroulent actuellement au moment de la publication du présent document,), ce lien ne fait que se renforcer lorsque nous regardons les athlètes représenter le Canada sur la scène mondiale après des années de préparation qui passent souvent inaperçues.
Anne Alary, sergente d’état-major de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), comprend bien cet engagement constant.
Avant d’être sous-officière responsable du groupe de l’enlèvement des explosifs de la Direction générale et du Centre des politiques à Ottawa, Anne était une joueuse de hockey de haut niveau qui évoluait avec les Raiders d’Ottawa dans la Ligue professionnelle de hockey féminin.

Aujourd’hui, elle occupe également le poste d’entraîneuse-chef de l’organisation de hockey féminin des East Ottawa Stars dans la catégorie M18 de calibre AA et a récemment été nommée nouvelle entraîneuse adjointe de l’équipe des Wildcats de Nepean dans la catégorie M22 élite de calibre AA. Elle forme ainsi la prochaine génération d’athlètes tout en dirigeant en coulisses l’un des environnements les plus spécialisés et les plus axés sur la préparation de la GRC.
Même si le contexte peut varier, l’état d’esprit, les compétences et le dévouement nécessaires chez un athlète professionnel et chez un policier se ressemblent étonnamment.

Un parcours forgé sur la glace
L’intérêt d’Anne pour le sport remonte à son enfance. C’est dans une famille férue de sport qu’elle a grandi. Elle était toujours active, jouant dehors, s’adonnant au patinage sur des patinoires extérieures, enfourchant son vélo et pratiquant toutes sortes de sports, du basket-ball à la ringuette. Toutefois, le hockey a toujours occupé une place prépondérante.
« Le fait de concourir à un niveau d’élite m’a enseigné le sens de la discipline, de la concentration et de la résilience, confie-t-elle. Non seulement on attend de soi de réaliser de bonnes performances, mais on doit également assumer la responsabilité d’être une coéquipière fiable. »
Jouer contre les meilleurs et aux côtés de ces derniers était également synonyme de pression constante : rivaliser pour obtenir du temps de glace, gérer les blessures, composer avec la dynamique de l’équipe et surmonter l’adversité. Ces expériences ont façonné non seulement l’athlète qu’Anne est devenue, mais aussi la haute gradée des services de police qu’elle est aujourd’hui.

« Garder son sang-froid dans des situations très tendues permet de réfléchir avec lucidité et de prendre des décisions fondées sur l’expérience », explique-t-elle. Cette leçon se transpose parfaitement de la patinoire aux services de police.
La confiance, la responsabilité et la culture d’équipe
La confiance réside au cœur du hockey et des services de police.
Pour Anne, comprendre la responsabilité qui découle de l’établissement d’une relation de confiance n’est pas seulement une question personnelle.
« Lorsqu’une personne ne fait pas preuve de responsabilité, c’est tout le groupe qui en subit les conséquences, explique-t-elle. Une confiance mutuelle doit s’établir afin que chaque membre du groupe sache que tout le monde travaille en vue d’atteindre un objectif commun et sera là pour s’entraider. »
En tant qu’entraîneuse, Anne accorde la priorité à la culture avant tout. Il est fondamental d’établir des attentes claires, de fixer des normes élevées et de favoriser la responsabilité tout en veillant à ce que les athlètes se sentent en sécurité dans leur apprentissage et leurs échecs.

« Lorsque les gens évoluent dans des conditions favorables, sans crainte, ils s’épanouissent », affirme-t-elle.
C’est une approche à laquelle elle adhère dans l’exercice de ses fonctions de direction au sein de la GRC, où le mentorat, la croissance et la communication ouverte sont tout aussi importants que les compétences techniques.
Les fonctions sont exercées bien avant la mise au jeu
Le poste qu’occupe actuellement Anne au sein de la GRC l’amène à travailler principalement dans les coulisses, mais son apport est d’envergure nationale.
Elle a servi en première ligne d’un bout à l’autre du Canada, des services de police en milieu rural de la Saskatchewan et auprès des communautés autochtones à Pelican Narrows, jusqu’à la Colline du Parlement, en passant par le Carrousel de la GRC et diverses opérations spécialisées. Elle apporte ainsi une profonde compréhension opérationnelle à son travail au sein du groupe de l’enlèvement des explosifs de la Direction générale et du Centre des politiques.

« Notre rôle consiste à comprendre les besoins des équipes du groupe de l’enlèvement des explosifs partout au pays et à veiller à ce qu’elles disposent de l’équipement, adoptent des politiques et établissent des procédures leur permettant d’accomplir leur travail de façon sécuritaire et efficace », explique-t-elle.
La comparaison avec le sport est évidente : le succès le jour du match dépend des habitudes acquises bien avant la mise au jeu.
« Tout repose sur la prise d’habitudes, ajoute Anne. Ce que vous pratiquez tous les jours se transpose directement lorsque cela compte le plus. »
Pour les membres du groupe de l’enlèvement des explosifs, la cohérence en ce qui concerne la formation dans un vaste éventail de compétences spécialisées leur permet d’être toujours prêts à intervenir, que ce soit lors d’un événement d’envergure international ou d’un appel de service imprévu.
Le voile sur les activités qui se déroulent : ce que la population ignore
Lorsque les Canadiens regardent les Jeux olympiques ou paralympiques, ils sont témoins de moments qui sont l’aboutissement d’années de préparation. Il en va de même pour les services de police lors de grands événements.
« La population ne voit pas toujours le travail discret des experts en coulisses, indique Anne. Toutefois, les membres de la GRC conservent leurs compétences à longueur d’année afin d’être prêts à intervenir en cas de situation critique. »
Cette préparation, à la fois préventive, précise et souvent invisible, permet le déroulement sécuritaire et sans heurts de grands événements, qu’il s’agisse des Jeux olympiques, des championnats de la FIFA ou des célébrations nationales.
Vous vous demandez comment les membres de la GRC appuient les grands événements en coulisses? Découvrez le récit de Brian Sauvé, président et chef de la direction de la Fédération de la police nationale, au sujet de la prestation des services de police pendant les Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Whistler, en Colombie-Britannique.
La fierté nationale et les valeurs communes
Alors que le Canada participe aux Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan Cortina, Anne perçoit un lien étroit entre les athlètes et les membres de la GRC : le dévouement, le travail d’équipe et le service ne peuvent pas exister dans l’isolement.
« Au sein d’une équipe, l’un ne va pas sans l’autre », dit-elle.
Elle suit les Jeux de près (en particulier le hockey) et encourage l’équipe canadienne aux côtés de millions d’autres personnes.
« Les années des Jeux olympiques sont les meilleures, ajoute-t-elle. Tant d’athlètes doivent composer avec l’entraînement, le travail, la famille et la vie au quotidien, tout en représentant notre pays avec fierté. Leur dévouement est remarquable. »
Que ce soit sur la glace ou au volant d’une voiture de police, l’engagement envers l’excellence semble tout à fait identique.
À l’instar des meilleures équipes, cet engagement se forge bien avant que les projeteurs ne soient braqués sur eux.
Allez, Canada!